"Think Big" ... mais pas trop !
Par Stève SFARTZ le samedi 10 mars 2007, 15:08 - Architecture - Lien permanent
L'expression "Think Big" a fait le tour des cinq continents.
Prenons le temps de nous pencher sur ses origines, ses conséquences et
dégageons un plan d'actions.
L'expérience Néo-Zelandaise
L'expression "Think Big" fait référence à une initiative menée en
Nouvelle-Zélande, et dont les premières réflexions débutèrent dans les années
70, à l'initiative du futur sponsor du projet : le premier ministre Robert
Muldoon.
La conjoncture était la suivante : une économie stagnante confrontée à une
croissance du prix du pétrole, alors que le pays regorgeait et de ressources
naturelles et d'idées.
L'ambitieux projet "Think Big" consista au long des années 80 à investir
massivement dans la recherche et des infrastructures, afin que le pays puisse reprendre le
pouvoir sur sa gestion des énergies.
10 ans plus tard, le gouvernement arrêta le projet pour se concentrer sur des
réformes structurelles.
Comble de l'ironie, le prix du pétrole était retombé faisant sauter de facto la
justification du projet !
Tirons les leçons du passé
Il n'existe pas d'étude relatant du ROI de "Think Big".
Si tout le
monde s'accorde à penser que les investissements ont pu soutenir l'économie
pendant une décade, les avis ont longtemps divergé sur les réels bénéfices du
projet, notamment parmi les politiques : le Parti National ayant lancé le
projet s'opposant au Parti Travailleur.
Les années ayant passé, tous s'entendent à reconnaître que "Think Big" a plongé
le pays dans une large dette sans autre bénéfice qu'un reniement, par
l'ensemble des nouvelles générations, du patrimoine laissé par Robert
Muldoon.
Retenons qu'il est difficile dans un contexte économique changeant d'investir
sur un long terme plus qu'incertain.
C'est certainement la raison pour laquelle l'expression est aujourd'hui teintée
d'une touche de pragmatisme comme l'illustre son suffixe : "Start
small"
"Think Big, Start Small"
Mon expérience m'a amené à la conclusion qu'on ne peut travailler sur le
long terme sans s'appuyer sur une stratégie bien rodée.
La mienne tient en 2 mots "Efficacité - Crédibilité" et s'articule autour de 5
axes :
- Agilité : Définir une ligne stratégique et la décliner en des plans d'actions courts, itératifs et incrémentaux.
- Prouver : Chaque itération doit apporter des preuves supplémentaires à la valeur de sa ligne stratégique.
- Courage et Détermination : Mener chaque itération indépendamment des forces et clameurs contraires. Se poser des questions avant de redémarrer une itération, pas pendant.
- Capitaliser : Considérer chaque échange, chaque tâche comme un investissement et les transformer systématiquement en valeur ajoutée.
- Une Equipe Efficace : S'appuyer sur des individus qui partagent ses valeurs et leur offrir les meilleurs outils.
Remarque :
Une expression proche est : "Think Globally, Act Locally".
Cette expression concerne plus particulièrement les éco-systèmes :
l'environnement est le premier concerné mais aussi les partenariats
économiques.