FaaS : Foundation as a Service ?
Par Stève SFARTZ le jeudi 8 octobre 2009, 01:00 - Architecture - Lien permanent
A l’occasion de la présentation de "Foundations", la dernière publication du CEISAR, je vous partage quelques réflexions autour de la réutilisation de composants, la mise en place d’infrastructure mutualisée et la constitution de socles techniques.
“Les entreprises sont prêtes à investir sur des Solutions mais pas sur des Fondations” - Jean-Réné Lyon
Le constat : L’une des clefs des fondations est de trouver le financement : les projets ne veulent pas payer pour les autres, la fondation est considérée comme une commodité, de plus les équipes de direction ne sont en général pas en place suffisamment longtemps pour soutenir dans la durée l’effort de construction d’une fondation.
My First Euro : Pourquoi ne pas considérer une fondation comme une brique d’infrastructure, et si on pousse un peu plus loin cette idée, pourquoi ne pas intégrer les aspects déploiement à sa fondation en lui associant une offre d’hébergement.
My 2nd Euro : Il faudrait réussir à associer le financement de sa fondation “à la” consommation qui en est fait.
Le Graal ne résiderait-il alors pas dans une “Foundation as a Service” (FaaS), hébergée dans le Cloud pour en minimiser les coûts et faciliter un usage à la consommation. Idéalement, tout en se gardant la possibilité de déployer une fondation à demeure selon la criticité et la confidentialité de ses projets.
Question complémentaire : qu’est-ce qui différencie une FaaS d’une PaaS ?
Certainement ce qui différencie une fondation d’une plate-forme. Une fondation est constituée de part mon expérience :
- d’un runtime basé soit sur un assemblage de frameworks - le différenciateur étant dans l’assemblage -, soit dans une approche orienté modèle exécutable - plus visionnaire, évolutif, "a la" Oslo,
- complété par une boîte à outils (à des fins de productivité)
Pour assurer le succès d'une fondation, il est indispensable de la compléter d'une organisation (à la fois une méthodologie projet mais aussi des rôles et responsabilités). Ainsi, la fondation s’appuie sur une plate-forme, et donc, une FaaS s’appuie sur une PaaS.
Je vois plusieurs acteurs FaaS émerger et vous ?
“Le ROI d’une fondation n’est pas démontré, néanmoins le jeu semble en valoir la chandelle.” – Jean-René Lyon
Constat : il est souvent difficile de chiffrer l’investissement qui s’étale généralement sur 3 à 5 ans, et il est encore plus difficile de mesurer les apports.
My First Euro : Il faudrait considérer en plus les aspects maintenance évolutive. C’est d’ailleurs l’une des clefs des fondations que leur capacité à évoluer. Dans la mesure où la création de logiciels reste encore une affaire artisanale dans la transformation de concepts en code, l’évolutivité des logiciels est fortement compromise. La fondation ne peut masquer ce fossé même au prix d’investissements colossaux.
My 2nd Euro : Exprimé autrement les concepts se concrétisent dans des modèles mais le référentiel à l’exécution reste le code. Lorsque nous serons capables d’exprimer toutes les dimensions d’un logiciel sous forme de modèles mais aussi d’exécuter ces modèles nous aurons le début d’une réponse à l’évolutivité des logiciels. Jusqu’alors, il est illusoire de considérer qu’une fondation peut résoudre la problématique de maintenance évolutive; une fondation peut au plus la structurer.
Si ma fondation ne m’apporte pas de garantie absolue en terme d’évolutivité, jusqu’où dois-je investir pour la mette en place ?
“Pour la version 2 du livre blanc Foundations, nos sponsors nous ont demandé de réfléchir aux stratégies pour se doter d’une fondation.” – Jean-René Lyon
Constat : Qui doit être le fournisseur de ma fondation ? Mes équipes, un éditeur, un intégrateur ? Si un fournisseur externe me propose une fondation faut-il la prendre ? et si elle est moins chère et plus productive que la mienne ? Le choix d’une fondation ne m'empêche-t-il pas de travailler avec d'autres fournisseurs ?
My First Euro : Il y a bien 2 stratégies pour se doter d’une fondation : la construire ou l’acheter. A moins que votre activité ne le justifie, vous serez intéressé par acquérir une fondation plutôt que de la réaliser (et éviter les écueils présentés ci-dessus).
My Second Euro : Votre fournisseur de fondations devrait idéalement proposer peu de réalisations projets pour vous assurer de la plus grande efficacité dans sa collaboration avec vos partenaires intégrateurs, bref, il s’agirait d’un éditeur de fondations.
Connaissez-vous l’écosystème des fondations, les éditeurs qui font référence sur leur domaine respectif .Net, PHP et Java ?
Commentaires
Ce débat est déjà dépassé. De nombreuses entreprises ont essayé de créer des fondations et cela ne marche pas. Le CEISAR est en retard de 10 ans.
Aujourd'hui, le business est en quête de services de qualité (fonctionnel, code et SLA), avec un time to market rapide. Donc, on conçoit un service pour qu'il se déploie et qu'il "scale" le mieux possible. On adapte donc la technologie et le sourcing en fonction des besoins et des budgets Metier. Chaque service est alors conçu et géré comme un "ensemble indissociable" contenant du soft et du hardware et une équipe intégrée pour le gérer (mode agile). Le cycle de vie du service est rapide, on doit pouvoir ainsi "tuer" un service s'il ne sert plus.
Comme le dit l'architecte d'Amazon, quand on a un problème sur le service la nuit, on réveille toute l'équipe, et pas seulement la production. Depuis, les "defects" ont baissé de manière impressionnante. la séparation MOA, MOE et production a vécu.Ca ne marche pas.
La création de fondation ou de shared services, ca ne marche pas non plus, car cela va créer un goulot d'étranglement au niveau des demandes et cela va contrainte l'inventivité des équipes.
Les fondations sont désormais proposées par les éditeurs, on premise ou on demand (Google app. engine, SpringSource, Tibco ActiveMatrix, Amazon, etc.).
Hello Steve,
Tu tapes en plein dans le mille ! Le concept est tout à fait ce que nous faisons.
Par contre, je ne suis pas d'accord avec toi quand tu écris que "l'évolutivité des logiciels est fortement compromise", je pense que c'est exactement le contraire ! Avec notre approche, nous sommes en mode maintenance évolutive le premier jour; on montre un résultat dès le premier jour, qui évoluera de façon très souple avec le temps, parce que justement notre "fondation" (j'ai encore un peu de mal avec le terme ;-) offre une couche d'abstraction et une séparation avec la technologie très nette, et sans génération de code (qui elle est un frein à l'évolutivité, on est d'accord). Et j'adhère totalement à la piste du modèle exécutable.
Je prends contact par mail, il faut absolument que je te montre ce que l'on fait.
Nicolas.
@William : je te rejoins sur l'aspect Services et la séparation MOA / MOE, par contre, attention à ne pas jeter bébé avec l'eau du bain.
Quel que soit ton logiciel (et donc au delà des services), tu as besoin de structurer ton développement. Les éditeurs et l'opensource proposent soit une plate-forme brute (Amazon et Azure avec 2 approches différentes IaaS versus PaaS) soit une plate-forme spécialisée (Force.com pour le RAD, App engine pour le Web 2.0).
Pour les plate-formes brutes, il faut forcément les compléter en les spécialisant (c'est l'objectif de la fondation).
Pour les plate-formes spécialisées, le besoin de fondation est moins prononcé (tout dépend du degré de spécialisation de la plate-forme : Force.com va très loin dans ce cas en proposant des briques métiers).
Une fois que l'on a dit cela, on entre dans les critères de choix.
Un éditeur de logiciel et un grand compte auront tendance à privilégier une approche PaaS brute compléter d'une fondation (à façon ou achetée),
pour assurer plus d'indépendance et notamment se garder la possibilité dans le cas d'une PaaS de ré-intégrer l'exécution à demeure plutôt que de rester "coincé" dans les nuages.
Pour des PME il est intéressant d'investir sur une PaaS de second niveau (avec idéalement des briques métiers). Maintenant, quid de l'hébergement et de l'aspect propriétaire.
Aussi dans les 2 cas, le recours à un prestataire de FaaS me parait pertinent.
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